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L'égypte (deuxième partie)Donc, vous êtes parfait, l’ai-je dit? (Pour en savoir plus veuillez lire le chapitre précédent de votre exaltant compte-rendu). Vous visitez les grands sites qui ont marqué l’histoire de l’Égypte, bien sûr, mais vous vous intéressez aussi aux visages si mystérieux de ses habitants, à leur façon d’être, aux détails si particulier de leur décor. Tout ce qui les différencie de vous, finalement. Bon, back to le voyage. Votre avion fait un grand détour par la Turquie, pour éviter le ciel belliqueux de la Yougoslavie. Vous êtes assis près d’un Américain, ingénieur de son métier, qui travaille en Égypte ou en Arabie, pas certain, vous ne comprenez pas la moitié de ce qu’il vous dit, mais, vous savez qu’il ne va presque jamais au resto. Il a peut-être peur de se faire empoisonner? Vous arrivez au Caire à 19 heures, vous rencontrez finalement votre groupe, plus le choix. Fait chaud, mais pas trop. Vous changez de l’argent et achetez un timbre, il vous coûte 15$ US. Retour au groupe, non, décidément 15 US dollars pour un timbre, ce n’est pas normal. Vous retournez au guichet et le monsieur à moustache finit par vous faire comprendre que c’est un timbre de visa. Heureusement, car à ce prix, vous vous seriez ruiné à envoyer vos cartes postales. En passant : pourquoi les hommes -et parfois les femmes- dans la plupart des pays arabes portent-t-ils la moustache? Est-ce parce que la vue de la lèvre supérieure d’un être humain peut provoquer des pensées érotiques qu’on se doit d’endiguer? Est-ce une sorte de voile de poils? Vous embarquez dans le minibus qui sera votre cellule pour les prochaines semaines et admirez El Kahiri (la victorieuse) par la fenêtre. Vous parlez avec F, guide en formation, aux yeux pétillants, mais qui ne peut répondre à vos questions, car elle est sous la surveillance de Mademoiselle C notre chef scout impitoyable. Arrivée au Grand Hotel, un peu vieux, mais exotique à souhait, on vous donne rendez-vous à 10 h.10 pour le repas du soir. Vous vous précipitez dehors prendre une goulée de cette splendide ville, quelle vie intense, grouillante, bruyante, odoriférante, 14, 000,000 de personnes ça bouge. C’est comme si vous étiez sous l’aisselle d’un marathonien dont le coeur bat à plein régime. À peine installé pour votre premier dessin, vous vous faites dire « Welcome to Egypt! » et puis on vous traite gentiment de Picasso. Ils sont décidément sympathiques ces Cairotes. Au retour, souper délicieux: tahini ( beurre de sésame), fallafel (boulettes de pois chiche), pita, nouilles, saucisses au miel et une bonne bière Stella, vous vous détendez un peu.
Vous avez déjà appris à connaître un peu vos amis (?) voyageurs. Vous partagez la suite Royale de l’hôtel avec C, un trentenaire aux cheveux ébouriffés, nerveux, qui sautille sur place et avec A, un nerd maigrichon à lunette. Il y a un couple de Québec un peu morne, elle jolie, si je me souviens bien, en tout cas elle portera bien le bikini dans lequel vous la verrez plus tard. Aussi, ce vieux couple mal assorti, lui, surtout, un vulgaire Monsieur à dentier qui sera celui qui recherchera particulièrement ce que l’Egypte n’offre pas. Chez les filles, il y a C, jeune moyennement jolie, ou jolie parce que jeune, pas trop de classe non plus et F dont je vous ai déjà parlé. Finalement, il y a Ève, la fille de l’avion et qui sera votre amie et complice pendant le voyage. Elle a un humour incisif, elle est intelligente, allumée, un peu garçonne et délurée mais drôle et gai toujours. Il y en avait d’autres, mais le sablier du temps a effacé toutes traces de leur passage dans ma vie. Premier matin, sept heures, vous avez très mal dormi le bruit du ventilateur était insoutenable et lorsque vous le fermiez pour ouvrir la fenêtre c’était l’invasion des escadrons de moustiques. Mais vous êtes prêt à vous laisser émerveiller. On visite le musée égyptien aujourd’hui. Vous y allez à pied et votre guide « gazelle » et zigzague entre les voitures. Ça semble la seule façon de déambuler ici. Vous vous sentez comme chez vous, en bon Montréalais, vous avez l’habitude des chauffards. Ce n’est pas un musée comme on l’entend chez vous en ce début de vingt et unième siècle, c’est vieux, désorganisé, plus proche du capharnaüm que de l’arrangement didactique et calculé, mais vous adorez. Quelle atmosphère magique, un voyage dans le temps assuré. Pas d’ordis ou d’interactivité ici, la seule vraie interactivité que vous aurez, c’est avec les gardiens qui contre un bakchich (pourboire) tiennent absolument à vous faire voir des trésors cachés ou interdits d’accès en vous donnant de très sommaires explications (deux mots maximum).
On vous donne trois heures pour visiter, après tout, il n’y a ici que 100,000 œuvres d’exposées. Vous prendrez beaucoup moins de temps que cela. Voir autant de merveilles aussi vite vous donnerait la nausée et comme les objets sont assez peu identifiés, vaut mieux s’arrêter ici et là pour esquisser ce qui vous attire. C’est un peu la différence entre visiter un pays en voiture ou le faire à pied, le type en voiture en aura vu beaucoup plus mais il n’aura respiré que l’air climatisé de sa bagnole et il oubliera tout une fois de retour chez lui. Quant à l’autre, le marcheur, et bien il aura mal aux pieds et c’est bien fait pour lui! Un de vos amis gardien vous offrira même gratuitement une chaise pour faire une gouache d’une statue de Toutankhamon. Vous terminez votre visite à l’extérieur sur un banc à l’ombre des palmiers. La vie est quand même agréable parfois! |
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Egypt ( part two)So, you’re perfect! (To learn more about this matter, please, read the preceding chapter of this exciting report). You visit the well-known sites, the ones that marked the history of Egypt, of course, but you are also interested in the mysterious faces of its inhabitants, their way of being, the details of their day-to-day lives. Anything and everything, that makes them different from you. Good, lets get back to our trip. Your plane makes a big detour over Turkey, to avoid the quarrelsome skies of Yugoslavia. You are sitting next to an American, an engineer who works in Egypt or in Arabia, not sure, you don’t understand half of what he is saying, but, you know that he almost never goes to the restaurant. Is he afraid of being poisoned? You arrive in Cairo at seven p.m., you finally meet your group, don’t have the choice anymore. The weather’s hot, but not too much. You change money and buy a stamp, it costs 15$ US. You walk back to your new friends. No, definitely, 15 US dollars for a stamp is a bit much. You go back to the counter and the mustachioed man makes you understand it is to be used for a visa, not for mail. At this price, you would have been ruined pretty fast just sending your post cards. Just a thought in passing: Why do most men - and sometimes women- wear a mustache in most Arabic countries. Is it because the sight of a naked human upper lip can cause erotic thoughts that must be avoided at all cost? Is it some kind of a hairs veil?
You get on the minivan that will become your cell for the next few weeks and watch El Kahiri (the victorious) by your window. You talk with F, a future guide who is here to learn the secrets of the trade. She has nice sparkling eyes, but cannot answer your questions, because she is under the watchful eye of Miss C our pitiless chief scout. You get off at the Grand Hotel, a nice old hotel just exotic enough. You must be here at 10h10 p.m. for the evening meal. You run outside to take one big gulp of this splendid city. Life here is intense, moving, noisy, smelly, thanks to the 14, 000,000 peoples who live here. It is as if you were under the armpit of a marathon runner whose heart is beating like crazy. As soon as you start drawing, you are greeted by a few "Welcome to Egypt!" and then someone asks you if you are Picasso. The inhabitants of Cairo are, definitely, very warm and hospitable. A delicious supper awaits you at the hotel: tahini (sesame butter), falafels (chick-pea balls), pita bread, noodles, honey sausages and a good Stella beer, you finally relax a bit You’ve started to get to know your fellow travelers a little. You share the Royal suite of the hotel with C, who is thirtyish, has disheveled hair, and is so nervous, he keeps hopping all the time and also with A, a skinny nerd with glasses. There is a little dull couple from Quebec City; she is pretty, if you remember well. In any case, you will think so, when you see her later in her bikini. Also, there is this old, badly matched couple. I christened the man Mister denture, he is vulgar and always seeking particularly what Egypt does not offer. As for the girls, there is C, who is fairly pretty, or pretty because young, very little class also and F about whom I’ve told you already. Finally, there was Eve, the girl on the plane who will become your friend and accomplice during the trip. She has an incisive humor; she is intelligent, bright, a little boyish but funny and happy always. There are a few others, but the sand of time has erased all memories of them. First morning, seven o’clock, you slept very badly. The noise of the fan was simply unbearable and when you turned it off to open the window, a whole squadron of mosquitoes came into the room. Nonetheless you are ready to be filled with wonders.
Today, we visit the Egyptian museum. You go there on foot and your guide "gazelles" and zigzags between the cars. It seems to be the only way of getting around, here. You feel at home, you’re a Montrealer, you’re used to speedsters. This museum is not of the kind you have back home; it is old, disorganized, and messy. There’s nothing calculated or didactic here, but you love it, the atmosphere is magic, you are traveling through time. No computers or interactivity here, the only real interactivity you will have, will be with the guards who for a little baksheesh (tip) will give you access to pseudo hidden or prohibited treasures and give you a very brief explanation (usually one or two words). You are given three hours to visit, after all, there is only 100,000 pieces exhibited here. You’ll take much less time than that, to see so many wonders in such little time gives you nausea and since the objects are rather badly identified, it is better to stop here and there to sketch what attracts you. It is a little like the difference between visiting a country by car versus doing it on foot. The guy in the car will see much more but he will only have breathed the air conditioning coming from his engine and he will forget everything as soon as he goes back home. As for the other, the walker, well he will have soared feet and it’s well done for him! One of your guard friends will even offer you a free a chair to make a gouache of a statue of Tutankhamen. You finish your visit outside on a bench under the welcome shade of palm trees. Life can be quite pleasant sometimes!
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