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Une nuit ratéeVous arrivez à Rangoon, la capitale de la Birmanie, qui est devenu depuis le Myanmar. Ce pays est une dictature militaire communiste dont les habitants sont grandement opprimés quand ce n’est pas simplement emprisonnés et où, parait-il, des familles entières sont déplacées pour servir à l’industrie touristique. Mais, tout cela vous venez de l’apprendre en consultant l’Internet. À l’époque lointaine de votre visite, on parlait beaucoup moins de ces choses-là et puis vous arriviez de la Thaïlande un pays dit démocratique où il est dangereux pour le Premier ministre d’aller à la chasse sinon « il perds sa place » comme on dit chez vous et où l’on peut se faire emprisonner si on ose se moquer de sa majesté le roi. Un pays qui ne s’est jamais remis du passage des Américains lorsqu’ils étaient dans le coin pour jouer à la guerre. Tout y est hyper commercialisé et commercialisable, jusqu’au corps des jeunes filles comme vous le savez probablement, alors tout est relatif. Au Myanmar, c’est tout le contraire (en apparence peut-être), mais ici les gens vous sourient simplement et ne vous courent pas après pour vous vendre des babioles où pour essayer de vous extorquer quelques Kyats (la monnaie locale). En fait, la seule chose qu’on vous demandait fréquemment, c’était de vous départir d’un des très nombreux stylos qui dépassaient de la sacoche qui pendouillait à votre ceinture (il ne faut pas oublier que vous êtes un artiste). Vous adorez les pays communistes, c’est comme si en débarquant à l’aéroport, vous entriez dans la cinquième dimension et que vous reculiez de trente ans d’un coup. Le règne de la reine « mélamine » n’est pas encore commencé ici. Tout est rustique, jaunissant, décati. Les souvenirs sont en os ou en vrai peau d’animal, pas en plastique et les toilettes ont encore la chaîne qui pendouille comme chez votre grand-mère à l’époque. Pas de pantalons ici ou presque, mais des sarongs, ces pièces de tissus qu’on attache à la taille. Les femmes et les hommes sont habillés semblablement, mais les dames ont, surtout en dehors des villes, les joues enfarinées avec de la racine de thanaka pour protéger leur peau du soleil. Ça leur fait des têtes absolument exotiques, mais elles vous tirent la langue assez aisément si votre regard d’occidental s’attarde un peu trop sur elles. À la sortie de l’antique aéroport, vous prenez un autobus presque aussi vieux. Il pleut à torrent. La sorte de pluie qu’on ne voit jamais chez vous, comme si vous étiez sous les chutes à Niagara Falls. L’eau semble s’écouler sans fin. Les Rangounais et les Rangoutantes (Elles sont jolies il faut le dire) ne semblent pas s’en soucier et comme l’asphalte est rare, l’eau emporte la boue à grand torrent et ils y clapotent joyeusement à grands coups de « gougounes » en tenant bien haut leur sarong pour ne pas qu’il trempe dans l’eau qui leur monte jusqu’aux chevilles. L’hôtel est de style colonial anglais et n’a pas été rafraîchi depuis ce temps, c’est bien évident. Vous montez à votre chambre, elle est vaste et spacieuse couleur blanche jaunie. Pas de télé, il y a bien un téléphone mais il est en bakélite noire, à cadran et pèse 5 kilos, il aurait plutôt sa place dans un musée. Sur l’oreiller, vous trouvez quelques graines de vous ne savez pas quoi, que vous balayez du revers de la main. Fatigué vous éteignez les lumières et vous vous couchez aussitôt. Vous êtes réveillés par des bruits, des gratouillement très, trop près de vous. Ils sont là dans la chambre, vous en êtes certain, ils sont à côté de vous, oserez-vous tendre la main vers la lampe. Finalement vous allumez, quel courage, pour vous apercevoir qu’il n’y a rien et surtout pas un bruit. Votre douce aimerait que vous laissiez la lumière allumée, mais ça vous empêcherait de dormir encore plus que ces bruits qui n’existent pas, semble-t-il. Alors, après une discussion énergique, vous éteignez. Après quelques longues minutes à espionner le moindre bruit vous vous endormez à nouveau. Ce n’est qu’au matin lorsque vous vous réveillez qu’une petite lumière s’allume (un néon?) et que vous déduisez que les petites graines sur l’oreiller étaient, en fait, des crottes de rat. Après vérifications dans le miroir, vous constatez avec joie que vous avez encore vos deux oreilles et que votre long nez est toujours, eh bien, long. Vous vous lavez tout de même les cheveux avant de descendre déjeuner, mais vous ne touchez à rien avant d’avoir vérifié qu’il n’y a pas de petites graines brunes dans votre assiette. |
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I would rather be somewhere elseYou’ve just arrived in Rangoon the capital of what used to be Burma but is now known as Myanmar. This country is a Communist military dictatorship where the inhabitants are greatly oppressed if not simply imprisoned and where, it seems, entire families are moved to serve the purpose of the tourism industry. But, you’ve just learned all this by consulting the Internet. When you were there, a long time ago, one spoke a lot less about these things and, after all, you were arriving from Thailand a so-called democratic country where the Prime Minister shouldn’t go traveling, if he wants to keep his post and where one can be jailed if one makes fun of his majesty the king. A country, that never recovered from the passage of the Americans when they were in the area playing at war, their favorite game. Everything there is marketed and marketable, even the bodies of young girls as you probably know, so, everything is relative isn’t it. In Myanmar, it is the opposite (on the surface maybe), but here the people smile at you simply and sincerely and they do not run you after you to sell their trifles or try to extort you some Kyat (the local money). In fact, the only thing you were asked frequently, was to give away one of the very numerous pens that stuck out of the pouch that dangled at your belt (don’t forget you are an artist). You love Communist countries, it is as if when you entered the airport, you traveled into the 5th dimension and went back thirty years. The reign of queen "melamine" has not begun here. Everything is rustic, yellowing, and decrepit. The souvenirs are made out of bones or real animal skin, not in plastic and the toilets still have the chain dangling from the ceiling as it used to be when your grandmother was alive. No pants here or almost, but sarongs, those pieces of fabrics that are tied to the waist. Women and man are dressed similarly, but the ladies have, especially outside of the cities the cheeks whitened with a powder made with thanaka root to protect their skin from the sun. It gives them an absolutely exotic look, but they stick out their tongue quite easily if you glance at them a bit too long. You take a bus that seems to be as old as the airport. It is raining, the kind of rain you never see where you come from. It’s as if you were standing under the falls at Niagara, the water flow seems endless. The Rangoonese (?) don’t seem bothered at all, they squelch happily in the mud with their thongs, raising their sarongs so it won’t touch the ankle deep flowing water. The hotel is in the old English colonial style and doesn’t seem to have been refreshed since. You go up to your room, it is quite spacious, painted a faded yellowing white. No TV, there is a telephone but it is in black Bakelite and must weigh at least 10 pounds, I am sure it has found it’s place in a museum since than. On your pillow on the bed, you find seeds of you don’t know what, you brush them away with the back of your hand. Exhausted, you turn off the lights and fall into slumber immediately. You are awakened by noises, something or someone is scratching very close to you. They are here in the room, of that you are certain, but what are” they”? Will you dare stretching your arm towards the lamp? Finally you turn it on, you are so brave. There’s nothing, even the strange sounds have disappeared. Your girlfriend asks you to leave the light on, but that would keep you from sleeping even more than the noises that do not really exists it seems. After an energetic discussion, you turn the lamp off again. After a long pricking up your hears time, you finally fall asleep again. It is only in the morning, when you awaken that it strikes you, those small seeds on your pillow were rat droppings, the same rats that were doing all the scraping. You get hastily out of bed to check if your ears are still there. Unfortunately they haven’t touched your long nose either. You wash your hair and go for breakfast, making sure there are no brown seeds in your plate. |
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